L’Abat l’oiseau

L’abat l’oiseau est un tir traditionnel qui a pour but de désigner l’archer qui sera Roi de la compagnie pour l’année. Il a lieu généralement en mars ou avril mais surtout avant le 1er mai jour du tir du Roi de France qui réunit tous les Rois fraîchement couronnés.

Histoire

Son origine est lointaine car Homère à la fin du VIIIe siècle avant JC relate déjà une telle forme de tir dans le chant 23 de l’Iliade :

« au sommet du mât, il fit lier par un lien léger une colombe tremblante, but des flèches ».

Virgile dans l’Enéide, vers -25 avant JC, au chant V rapporte également :

« De sa puissante main il dresse le mât du vaisseau de Séreste, et, comme cible, il y suspend tout en haut, à un nœud, une colombe qui bat des ailes ».

Au moyen-âge, l’abat l’oiseau nommé également jeu du papegai (Le papegai vient du vieux français et désigne un perroquet), tir du Roy ou bien jeu du papegault consisté à abattre un oiseau de bois ou de carton placé en haut d’un mât, d’une longue perche, à la cime d’un arbre, au sommet d’une tour ou d’un clocher. Le lauréat avait le droit de représenter sa confrérie au cours de l’année suivante et de recevoir tous les honneurs. Il recevait le « joyau du Roy », souvent une timbale d’argent gravée. Il bénéficiait en plus d’exemptions notamment en matière d’imposition.

Déroulement

Le tir consiste à atteindre un petit oiseau de bois tendre, décoré de couleurs chatoyantes, et d’une section de 1 pouce (français) de largeur et de 2 pouces de hauteur soit environ 2,7 cm x 5,4 cm. Le tir peut se dérouler de deux manières. La manière ancestrale qui veut que l’on place l’oiseau au sommet d’une perche, de 15 à 20 mètres, du pied de laquelle on tir à tour de rôle. La manière plus pratique où l’oiseau est placé au centre d’une carte de beursault à la distance de 50 mètres et à 30 mètres pour les jeunes archers qui concourent pour le titre de roitelet.

 

Pour participer à ce tir, l’archer se doit d’avoir réglé ses dettes et les éventuelles querelles qu’il entretient avec un autre membre de la compagnie. Le Roy de l’année précédente a taillé et décoré les oiseaux et dans le cadre d’un tir au jeu de beursault, les cartes.

Le jour convenu, les membres de la compagnie se retrouvent au jeu revêtu de leurs écharpes, insignes et uniformes et têtes couvertes.  Avant le début du tir, les buttes sont saluées l’une après l’autre par tous les archers présents dans l’ordre suivant :  Le drapeau, le tambour (s’il y en a un), le(s) empereur(s), le Roy, le(s) connétable(s), le capitaine, les officiers, les sous-officiers, les chevaliers, les archers et enfin les aspirants. Puis le tir débute toujours de la butte maitresse vers la butte d’attaque dans l’ordre suivant : Le(s) empereur(s), le Roy, le(s) connétable(s), le capitaine, les officiers, les sous-officiers, les chevaliers, les archers et enfin les aspirants. Chacun son tour, chaque archer va tirer une flèche (la première tête couverte et en saluant bien évidement). Pour être déclaré abattu l’oiseau doit être tombé et avoir était frappé par un coup direct sans rebond. S’il subsiste un morceau de l’oiseau sur son support, celui-ci doit-être inférieur au morceau au sol. Lorsque l’oiseau est abattu, celui qui a fait le coup reste sur le pas, tandis qu’on vérifie la validité du coup. Si le coup est jugé mauvais, on remplace l’oiseau par un nouveau. Dans le cas d’une décision contraire, tous, drapeau et tambour en tête, se rendent par l’allée du Roi vers le tireur qui attend sur le pas opposé. Le capitaine confirme au tireur la validité de son coup et lui demande «  »Chevalier (Archer), comment as-tu fais ce coup ?» ce à quoi le tireur doit lui répondre « Je l’ai poussé de l’encoche et frappé du fer ». Il lui remet alors sa flèche, l’oiseau qu’il a abattu et l’écharpe rouge du Roy. Le nouveau Roy devient la première personne du jeu et aura donc pendant l’année de son règne la priorité sur tous lors des tirs. Il pourra également participé au réunion du comité directeur, y donner son avis mais ne pourra participer aux votes. La tradition, veut également que tous les officiers soient alors démissionnaires et remettent leurs insignes au Roy en le chargeant de présider immédiatement une assemblée générale élective. Dans la pratique, l’organisation de nos associations ne le permet guère et cette tradition est peu usité. Les cartes sont signées par tous les présents, une est laissée au Roy, l’autre, est affichée à la Compagnie. Il est également, d’usage, d’offrir au nouveau Roy une récompense nommée « joyau du Roy » qu’il conservera en souvenir. Si un Archer est déclaré Roy 3 années de suite il est fait empereur de la Compagnie.

En remerciement, et pour célébrer son année de règne, le nouveau Roy organisera un prix nommé « rendu du Roy » dont il fixera lui-même les règles.